Champions d’arènes et ligues Pokémon – Des modèles remis en cause ?

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#42 – 21.02.2017 - Champions d’arènes et ligues Pokémon – Des modèles remis en cause ? (Par Gobou – Pokémon Power)
Article sur
l'ensemble de la série.

Note : Attention, cet article dévoile des éléments du scénario de Pokémon Soleil et Lune. Si vous n’avez pas encore fini l’aventure principale, je risque de vous spoiler.


Une bonne partie des séries de RPG japonais (les plus connus du moins) ont la particularité d’être très conservateur quant à leurs modèles de gameplay ou d’histoire. Ainsi, on peut prendre l’exemple de la série des Dragon Quest qui est très peu enclin au moindre changement, y compris en matière d’interface ou de scénario. Pour l’anecdote, Dragon Quest VIII sur Playstation 2 propose une version européenne et américaine (rebaptisée Dragon Quest – L’Odyssée du roi maudit pour l’occasion) beaucoup plus moderne que sa version originale japonaise.
Ce conservatisme se retrouve également en ce qui concerne la franchise Pokémon. Dans un lointain article traitant du scénario des jeux, nous avons relevé la répétitivité, au fil des épisodes, de certains modèles comme, notamment, le système de champions d’arènes ou la ligue Pokémon. En vingt ans, ce modèle n’a pratiquement pas bougé et se retrouve même dans nombre de fangames. Preuve qu’une large partie de la communauté accepte et adhère à ce système.
Depuis plusieurs générations néanmoins, on voit que Game Freak semble remettre en cause, plus ou moins timidement, certains modèles qui ont fait le succès de la série, mais qui peuvent constituer une prison dans la mesure où ils peuvent devenir des freins à l’innovation. Ça se remarque en ce qui concerne les antagonistes de la 7G (ce qui fera l’objet d’un prochain article, c’est pourquoi je n’en parlerais pas ici), mais aussi des éléments comme les champions d’arènes ou la ligue Pokémon, sans pour autant supprimer intégralement ces derniers.
Les champions d’arènes et la ligue Pokémon sont-ils des bastions imprenables ? Ça a failli être le titre de mon article, mais j’ai préféré opter pour un intitulé plus clair. Il n’en demeure pas moins que ce sera l’objet de notre réflexion de ce jour.


Les champions d’arènes

En sachant qu’il y a aujourd’hui six régions utilisant le système des champions d’arènes, et en comptant le fait que certaines villes peuvent avoir des duos : on peut dire aujourd’hui qu’il y a plus d’une cinquantaine de champions d’arènes. Si les premiers sont cultes (sans raison apparente hormis le succès des premières versions), la plupart peuvent échapper à notre mémoire. Peut-être pas le physique ou le type utilisé, mais le nom du champion et celui de sa ville, c’est beaucoup plus compliqué.
En plus du nombre, ce sont souvent des personnages qu’on voit très peu au cours de l’aventure principale (justement parce qu’ils sont trop nombreux). On les rencontre souvent uniquement dans la ville, ou même seulement dans l’arène. Et le combat est rarement suffisamment difficile pour rester dans les annales (hormis quelques exceptions).
Enfin, si j’ai défendu ce système, je suis bien obligé de reconnaître que celui-ci peut paraître répétitif quand on joue à Pokémon depuis plus de quinze ans. Ça peut même vite devenir rébarbatif.
De l’autre côté, on ne peut pas simplement déclarer l’abolition du système des champions d’arènes (bien que certains le prônent). C’est une tradition trop ancienne, même si ça pourrait mener à voies intéressantes. Game Freak se retrouve donc face à un dilemme : comment contenter le conservatisme des uns et le progressisme des autres ?

La réponse est très récente car Pokémon Soleil et Lune est le tout premier jeu de la série principale à proposer un système radicalement différent. Le tour des îles nous demande d’accomplir les épreuves de chaque capitaine d’une île, avant d’affronter le doyen dans un combat Pokémon. Et ce, pour chaque île.
Ce qui est intéressant avec S/L, c’est qu’il s’agit d’un opus révolutionnaire, mais pas trop non plus. Le système des capitaines et des épreuves, en plus d’introduire les Pokémon dominants (une nouveauté très intéressante par ailleurs), peut se vanter de ne pas être répétitif. Les défis sont généralement assez variés (sauf vers la fin du jeu).
Mais en contrepartie, le doyen remplace le champion d’arène en accomplissant très exactement la même fonction : sanctionner la progression du joueur à travers un combat Pokémon. Nous sommes donc en présence d’un modèle semi-révolutionnaire, un point d’équilibre dans le dilemme évoqué plus haut.

Difficile de spéculer pour les prochaines versions. Je doute toutefois que Game Freak prenne la décision de supprimer purement et simplement les champions d’arènes. Ça n’aurait pas d’intérêt dans la mesure où cela reste un modèle plutôt intéressant. Néanmoins, impossible de dire si Soleil et Lune lance un processus sur le long terme pour transformer le modèle, ou non.




La ligue Pokémon

Fondamentalement, la contestation se fait plutôt du côté des champions d’arènes. Mais je ne pouvais pas non plus faire l’impasse sur la ligue Pokémon.
Contrairement à un match contre un champion d’arène, la ligue Pokémon ne sanctionne pas la progression du joueur au cours du jeu : c’est la fin du jeu ! La ligue Pokémon constitue l’étape finale, souvent l’une des plus épiques, et c’est pourquoi c’est encore plus difficile de remettre en cause ce système qui remonte, là aussi, aux origines de la série.
Pokémon N/B (cinquième génération) introduit la possibilité de choisir l’ordre dans lequel on affronte les membres du Conseil 4. Auparavant, il fallait affronter chacun des dresseurs dans un ordre imposé, en sachant que chaque dresseur est de plus en plus fort si on prend uniquement en compte le niveau des Pokémon. Depuis Unys, chaque membre du Conseil 4 possède une équipe de même niveau.
Difficile d’expliquer ce choix. Est-ce une volonté d’abolir une certaine hiérarchie au sein du Conseil 4 (on se souvient de Peter qui se présente dans R/B/J comme étant le maître du conseil juste parce qu’on l’affronte en dernier) ? C’est possible. Mais très honnêtement je n’ai pas la moindre idée. Je suis, par ailleurs, intéressé par votre opinion sur la question dans la mesure où je trouve que ce nouveau système tend à rendre le Conseil 4 plus facile. Ce qui me dérange un peu en sachant qu’il s’agit de l’étape ultime qui doit être, à l’inverse, difficile justement.

Quant au maître de la ligue, il est très peu contesté dans son rôle de boss final. Ce n’est pas comme si son existence posait un quelconque problème puisque ce sont souvent des affrontements très appréciés par les joueurs. Noir et Blanc, toujours dans cette philosophie d’apporter un renouveau à la série, sont les seuls opus à avoir un boss final qui n’est pas maître de la ligue (Ghetis en occurrence). C’est une surprise. Mais c’est sans doute lié à l’importance des antagonistes dans cette version. Toutefois, dans cette même version, le jeu propose d’affronter le maître de la ligue une fois l’aventure principale terminée. Ainsi, si le maître de la ligue n’est pas forcément le boss final, il reste présent.
Je sais qu’il y a débat concernant le statut du boss final de S/L : Euphorbe. En effet, certains considèrent qu’il s’agit du premier challenger du nouveau maître. Personnellement, j’estime qu’en qualité de fondateur de la ligue, il remplace le maître qui est supposé constituer la dernière étape avant l’accession au titre suprême. Mais ce débat n’étant pas fondamental, je ne vais pas insister là-dessus. Dans tous les cas, Euphorbe accomplit la fonction qui est normalement dédiée au maître de la ligue en place. Qu’il soit challenger ou non, ça reste une variation assez timide de la fonction de maître de la ligue. Ce qui prouve que la fonction n’est pas remise en cause.


Conclusion

Game Freak, surtout depuis S/L, semble vouloir varier les modèles qui a longuement été utilisée depuis vingt ans. Est-ce le début d’un tournant dans la série ? Seul l’avenir nous le dira.
Mais la révolution ne se limite pas aux deux institutions évoquées ci-dessus. Nous évoquerons, dans un prochain article, les antagonistes de S/L, qui se détachent totalement du modèle instauré depuis R/S/E.


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Game Freak devrait prendre exemple sur Colosseum et XD franchement : Pas d'arènes, des personnages principaux qui ont un background (enfin ça c'est surtout pour Colosseum, zéro pointé pour XD à ce niveau-là), une histoire qui tient la route, et y a quand même un boss final de toute façon.

Les gens qui ont fait ces jeux ont tout compris.



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L'un n'empêche pas l'autre cela dit. On peut tout à fait imaginer faire des jeux prenant la forme traditionnelle de la ligue Pokémon, et des spin-off prenant davantage de risque.
Parce que soyons honnête, dernièrement, on n'a pas été gâté niveau spin-off. :p


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